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 Un jeune homme de 33 ans qui exerce la profession de pompiste dans une station-service dans une banlieue de Tunis, droitier et sans antécédents pathologiques notables est victime en début de soirée d’un malaise sur les lieux de son travail lors duquel il a présenté des céphalées aigues et insupportables, des vertiges et rapidement une perte de connaissance brève.

Emmené d’urgence à l’hôpital, il reçoit dans un premier temps des antalgiques et rentre chez lui. Le lendemain, devant l’aggravation de ses douleurs, il est hospitalisé et bénéficie d’un Scanner qui pose en fait le diagnostic d’une hémorragie méningée prédominant dans la vallée sylvienne gauche. Une Angiographie pratiquée pour mettre en évidence l’origine du saignement retrouve une rupture d’anévrysme de l’artère cérébrale communicante postérieure gauche.

Le patient est opéré par clippage de l’anévrysme et les suites opératoires furent simples. Il n’a plus repris son travail en tant que pompiste et il garde quelques séquelles neurosensorielles sous forme d’un syndrome subjectif englobant hyperesthésie de la région cicatricielle (perte de substance osseuse) conséquence de la craniotomie (volet crânien pratiqué) et de céphalées de type pulsatiles.

Le patient a fait l’objet d’une Expertise médicale pour préciser si ses lésions sont la conséquence d’un accident du travail ou pas et pour en évaluer les séquelles et une éventuelle IPP.

Selon les dires de la victime (et c’est à la Caisse d’Assurance Maladie ou sinon à son employeur de prouver le contraire) : ce pompiste aurait procédé à des travaux de manutention lourde quelques minutes avant son malaise, il aurait ainsi transporté en début de soirée 40 bouteilles de gaz butane de l’extérieur vers un enclos qui leur est réservées dans l’enceinte de la station.

Les problèmes de causalité et d’Imputabilité :

Les lésions décrites sont bien en relation directe avec le malaise survenu, dont l’origine est une hémorragie méningée importante, et dont la cause est une rupture d’un anévrysme d’une artère cérébrale (confirmé par Scanner, Angiographie et Chirurgie).

Les différents facteurs étiologiques favorisant une rupture d’un anévrysme cérébral sont en particulier : la chaleur (exposition au soleil) et les efforts physiques soutenus ou importants et ce par augmentation de pression dans les artères cérébrales à l’origine d’une rupture.

La manutention de 40 bouteilles aurait donc constitué un effort physique très important. Il n’y a pas par contre d’exposition au soleil, le malaise ayant eu lieu la nuit.

Au Total ; il existe donc :

1)      un fait accidentel (survenue brutale d’une lésion cérébrale hémorragique).

2)      Une relation entre le fait accidentel et le travail : le malaise est survenu au temps et lieu du travail.

3)   Un lien de causalité entre le fait accidentel et le préjudice corporel. La victime bénéficiant de la présomption d’imputabilité, elle n’a pas à apporter la preuve que la lésion n’est pas étrangère au travail. Cependant il existe une notion d’efforts physiques très importants précédents le malaise.

Il y a donc concordance entre les lésions, les doléances exprimées et les constatations faites à l’examen. En conséquence, juridiquement le malaise survenu pourrait s’inscrire dans le cadre légal d’un Accident du Travail. Avec des séquelles et une IPP qui lui sera évaluée.