emergency  Plusieurs conflits professionnels peuvent être enregistrés au quotidien en entreprise, altercations avec la hiérarchie (verticale) ou avec un collègue de travail (horizontale) pouvant parfois mener à un "pétage de plombs" avec un employé qui devient violent, très agité ou même agressif, ou pouvant mener à des crises de nerfs exprimées de façons diverses sous forme de : perte de conscience (hystérie de conversion), crises de pleurs avec agitation épileptoide de type hystérique, céphalées intenses ou parfois même douleurs thoraciques, troubles du rythme cardiaque ou crises Hypertensives pouvant engager le pronostic vital du salarié.

Au niveau du Service de Médecine du Travail, vous pouvez être appelés pour une urgence sur le lieu même du travail devant un salarié qui a subitement perdu connaissance suite à une altercation professionnelle ou qui présente une crise d'hystérie à son bureau; ou au contraire voir arriver à votre service un salarié avec des douleurs thoraciques accompagné de collègues qui vous décriront minutieusement les circonstances du conflit. En fait toutes les variantes sont possibles et c'est au personnel de Santé au Travail de faire le tri sur la gravité, sur la réalité des faits et sur les circonstances.

Pour résumer mon expérience de ces différents cas puisque j'estime avoir logiquement rencontré la quasi totalité de ces variantes en plus de 20 ans d'exercice, je vous conseille en premier lieu de faire sortir tout le monde au moment de votre intervention : au niveau de votre Service c'est bien sûr évident, au niveau d'un bureau c'est moins évident mais il faut l'exiger ; même si votre patient a perdu connaissance (au pire des cas), vous n'avez besoin de personne (à part bien sûr le personnel paramédical s'il y en a). Généralement en cas de crise de nerfs ou de crise d'hystérie (avec ou sans conversion) ou de pleurs, déjà tout va rentrer dans l'ordre une fois que vous êtes présent seul avec le salarié, laissez le finir tranquillement sa crise en le surveillant ou réveillez le avant de l'examiner, même la pratique de soins sédatifs sera effectuée de préférence après la crise. Il sera plus logique d'accorder une suspension de travail pour le reste de la journée et de faire raccompagner votre salarié à son domicile (ambulance si nécessaire, véhicule d'un collègue ou un membre de sa famille si présent sur les lieux) avec une éventuelle lettre de liaison pour son Médecin Traitant ou son Psychiatre le cas échéant. A noter que pour ce genre de situations, si aucune blessure ou traumatisme quelconque n'ont été enregistrés pendant la crise, aucune procédure d'accident du travail ne sera envisageable à court ou moyen terme.

Pour les cas plus sérieux de douleurs thoraciques, de crises hypertensives (avec ou sans céphalées) ou de troubles du rythme, la procédure d'urgence classique du Service de Santé au Travail sera rapidement mise en route quelque soit les motifs invoqués (et même en présence d'un conflit professionnel généralement minimisé par la hiérarchie ou certains collègues de travail). Si des crises hypertensives simples chez des salariés connus hypertendus seront traitées uniquement par une mise au repos du patient, d'autres hypertensions artérielles sont parfois accompagnées de symptômes assez gênants et peuvent en imposer pour un avis cardiologique extérieur. A mon avis cependant, toutes les douleurs thoraciques devront être transférées en milieu spécialisé pour des investigations plus poussées et ce même si l'ECG percritique pratiqué au sein de certains services médicaux du travail bien équipés s'avérait normal. A noter que certains cas particuliers pourront donner lieu à des procédures d'accident du travail pris en charge par la CNAM en cas de lésion corporelle ayant fait suite à cet état de stress professionnel dû à un conflit au travail, c'est le cas de certains infarctus du myocarde ou de certains AVC ischémiques ou hémorragiques déclenchés par un état patent de stress (salarié diabétique ou hypertendu connus ou porteur d'un anévrysme cérébral pouvant se compliquer).