RPS_ISST2  Un grand Bravo à l'équipe de l'Institut de Santé & Sécurité au Travail de Tunis (ISST) pour la mise en place de ce projet de Stratégie Nationale de Gestion des Risques Psychosociaux en collaboration avec un large Comité d'Experts (Hospitalo-universitaires en Médecine du Travail, Médecins du Travail, Ergonomes, Psychiatres, Ingénieurs, Sociologues, Psychologues et Partenaires Sociaux); présenté par l'ISST puis validé par les participants aux Xèmes Assises Internationales en Santé et Sécurité au Travail tenues à Tunis les 16 et 17 mai 2012 en présence de représentants du BIT, de l'OMS et de l'INRS France après une synthèse générale, un débat très riche et parfois houleux mais très intéressant concernant chaque point et chaque objectif et aboutissant finalement à un large consensus.

Ce projet élaboré par et pour la Tunisie a été décrit comme pionnier en Afrique par le Représentant du BIT (Mr Moiselle) puisque c'est le premier pays africain à s'intéresser de si prés aux RPS et à mettre en oeuvre une stratégie nationale de gestion qui s'étendra sur 4 années de 2013 à 2017 et dont la Vision initiale est que la maîtrise des RPS dans l'entreprise selon une démarche globale et multidisciplinaire de prévention des risques professionnels contribue à l'épanouissement du salarié et à la prospérité de l'entreprise.

En l'absence d'indicateurs fiables quant à la prévalence réelle du job-strain en Tunisie, mis à part quelques enquêtes parcellaires ou préliminaires mais globalement non significatives sur un plan épidémiologique, l'un des 2 objectifs généraux de ce projet de stratégie qui était de réduire d'au moins 5% cette prévalence a soulevé une large polémique entre les participants : entre d'un coté, épidémiologistes purs et durs (Psychologues, Sociologues...) qui ne voulaient pas fixer un objectif de 5% en l'absence de prévalence connue actuellement , et d'un autre coté Médecins du Travail (tout secteurs confondus) qui préféraient malgré tout mettre en place un objectif précis à atteindre dans la perspective d'une première évaluation de la prévalence du job-strain à très court terme en 2013, soit en début de suivi de cette stratégie qui s'étalera jusqu'en 2017. La 2ème composante majeure de ces objectifs généraux a par contre rapidement fait consensus et s'attelait à renforcer les capacités des institutions nationales et des partenaires sociaux en matière de prévention des RPS et de promotion de la Santé Mentale.

Les objectifs spécifiques de cette stratégie et dont le détail (interventions, moyens, acteurs, échéances et indicateurs de suivi) vous est fourni dans le fichier PDF ci-après, s'articulent et ciblent 4 Items principaux : l'Employeur; le Travailleur; les Préventeurs (au sein de l'entreprise) et l'Environnement National (cadre législatif, capacités nationales, partenaires sociaux...). Et c'est le thème "employeur" qui a largement suscité le débat parmi ces objectifs spécifiques : sensibilisation à l'intérêt de la prise en charge des RPS auprès des employeurs et surtout le choix des secteurs prioritaires que tous les participants auraient voulu comme adapté au contexte socio-économique et culturel de notre pays; en l'absence encore une fois d'indicateurs fiables et d'enquêtes ciblées concernant tous les secteurs touchés par les RPS, un compromis basé d'une part sur une étude préliminaire du stress au travail menée par l'ISST durant 3 années (2007-2009) auprès de 14 entreprises (de 8 secteurs d'activité différents) et d'une 2ème étude menée en 2010 auprès d'un centre d'appel, et d'autre part sur les données actuelles des enquêtes s'intéressant aux RPS en Europe notamment, a permis d'élaborer 5 secteurs prioritaires : Téléopérateurs, Santé, Éducation, Transport et Agents de l'Ordre.

Dr Fathi Ben Larbi (Directeur Médical SST)

PROJET_DE_STRATEGIE_NATIONALE_DE_GESTION_DES_RISQUES_PSYCOSOCIAUX