ambulance1   Une compilation des Urgences Médicales enregistrées au niveau d'une population  moyenne de 1500 salariés du Secteur Tertiaire suivie durant 2 années consécutives (2006 et 2007) par la Médecine du Travail a permis de mettre en évidence 100 cas d'urgences médicales différentes . D'abord il y a autant de femmes que d'hommes; puis c'est surtout en début et en fin de semaine (lundi et vendredi) que l'on enregistre le plus d'urgences (51%). Le premier motif de consultation est la Cardiologie et principalement les douleurs thoraciques de présentation très variable : atypiques ou typiques et jusqu'à être très suspectes. Cette symptomatologie cardiaque représentait 36% de tous les motifs de consultation urgente, suivie par les malaises divers (24% des cas) et enfin les syndromes vertigineux dans 18% des cas.

Cependant, le diagnostic établi par les Médecins ne correspondait pas toujours au motif de consultation invoqué puisque déjà les causes cardiaques vraies ne représentaient plus que 18% des pathologies collationnées après prise en charge des patients, orientation et conduite thérapeutique. En effet, nous avions constaté que dans 40% des cas la véritable cause du malaise ou de l'Urgence était neuro-psychique, exprimée dans une première moitié des cas sous forme d'une "crise de nerfs" et dans l'autre moitié des cas sous forme d'une "Névralgie Intercostale".

Au niveau des divers motifs de consultation, une comparaison de la symptomatologie par sexe montre que les hommes se plaignent le plus de symptômes de la sphère cardiaque, alors que les femmes présentent plus de symptômes de la sphère neurologiques (de type vertiges ou pertes de connaissance). Au niveau du diagnostic étiologique établi, cette même comparaison par sexe nous permet de noter que les symptômes neuro-psychiques (crises de nerfs et névralgies thoraciques) s'expriment de façon différente selon le sexe : chez les hommes, la plainte s'exprime sous forme de douleurs thoraciques et de symptômes de la sphère cardiaque; chez les femmes cette même plainte s'exprime plus bruyamment et de façon plus spectaculaire sous forme de crises de nerfs, de pleurs ou de crises de conversion hystérique. Les signes cliniques à caractère psychique ont donc tendance à plus s'extérioriser chez les femmes, ce qui corrobore parfaitement les données de la littérature décrivant le syndrome dépressif et son expression clinique plus patente chez la femme que chez l'homme.

Une première analyse approfondie des causes neuro-psychiques de ces urgences à travers l'interrogatoire percritique des patients et l'étude de leur dossier médical met en évidence que dans le 1/3 des cas la raison est exclusivement professionnelle (qu'elle soit avouée ou parfois inavouée mais évidente par rapport à la Médecine du Travail) et que cette enquête pourra être utilisée comme indicateur pour les risques psycho-sociaux et leur dépistage au sein de cette entreprise du secteur tertiaire.

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