risque cardiovasculaire  La législation en Santé au Travail est actuellement établie dans un cadre de prévention purement "dans l'entreprise", je veux dire en vase clos par rapport au système de Santé Publique. Et pourtant le système de Santé au Travail en vigueur de nos jours en Secteur Tertiaire permettrait l'apport d'une multitude d'informations scientifiques bien utiles au système de Santé Publique, en plus d'une contribution importante à la prévention et au dépistage précoce des maladies chroniques à risque vasculaire.

Beaucoup d'entreprises sont à leur échelle nettement représentatives de la population en général, et nombreux sont les Médecins du Travail qui ont favorisé la création de bases de données exhaustives au sein de leurs services médicaux du travail (parfois même informatisées par des logiciels spécifiques de gestion en Médecine du Travail) grace à des campagnes renouvelées de dépistage de diverses pathologies réputées être de vraies préoccupations de Santé Publique et ce par le biais de Bilans Sanguins ou Radiologiques systématiques effectués de façon périodique aux frais de l'entreprise et à des examens cliniques également périodiques dans un cadre de Santé au Travail pour tous les salariés.

Le dépistage et l'analyse populationnelle des éléments suivants : Tabac, HTA, Diabète et Dyslipidémies (hypercholestérolèmies en particulier) comme facteurs de risques cardio-vasculaires (modifiables) sont devenus la clef de voûte des systèmes de Santé Publique du 21ème siècle et en particulier dans les pays en voie de développement ou l'on note une tendance à l'augmentation de la mortalité par les maladies cardio-vasculaires première cause également de décès survenant à l'âge adulte dans les pays développés. Plusieurs pays dont la Tunisie se trouvent donc en phase de transition épidémiologique transitant ainsi de la pathologie chronique dite infectieuse et nutritionnelle à la pathologie dite "de civilisation" ou l'occidentalisation du mode de vie favorise malheureusement le processus athéromateux.

Ces facteurs de risques deviennent ainsi clairement identifiés et en bonne voie de maîtrise totale en intra-entreprise par une bonne frange de Médecins du Travail du secteur tertiaire, ce qui a permis  de "casser" l'enchainement dangereux des facteurs de risques cardio-vasculaires pour nettement diminuer l'incidence de la morbidité et de la mortalité dues aux accidents vasculaires cérébraux et aux infarctus du myocarde au sein de certaines entreprises. Bien sûr, ces salariés sont des privilégiés puisqu'il n'est malheureusement pas donné à tous les travailleurs de bénéficier de tels dépistages mais il est cependant évident que les missions de tels services médicaux de Santé au Travail devient complémentaire ou parfois même essentielle en l'absence d'autres campagnes ciblées et périodiques de Santé Publique en général.