europe_drapeau  Quelques grands noms Européens de l'industrie pharmaceutique ou du secteur Financier en général ont déjà adopté cette nouvelle fonction au sein de leur système médico-social ou à la rubrique santé au travail de leur système de management des ressources humaines. Il s'agit bien sûr d'entreprises ayant de gros moyens financiers mais soucieuses aussi de ne pas être écartées d'un système de santé au travail confié dans la majorité des cas à des services interentreprises extérieurs échappant à tout contrôle de l'entreprise puisque ces services sont souverains quant à leur gestion, leur organisation et leur décisions.

En parallèle, de grandes entreprises en particulier de part leur effectifs (tels que EDF-GDF, France Télécom, Banques traditionnelles etc...) disposent de plusieurs services médicaux propres à chacun de leur établissement, généralement ces établissements sont situés dans des régions différentes et la coordination est confié à un service de santé au travail d'entreprise ou même de groupe de type "autonome" (le plus souvent limitrophe de l'établissement siège) et dont un Médecin Coordinateur des services médicaux organise le service de santé au travail d'entreprise ou de groupe ainsi que ses différents services d'établissement.

Nous aborderons dans ce post la première option  intéressant la coordination des services interentreprises, d'abord parce que la plus fréquente en terme de couverture médicale du travail : en effet à ce jour moins de 10 % des salariés en France sont pris en charge par des services autonomes et ce taux va probablement encore décroître avec les nouvelles dispositions de la réforme en santé au travail qui n'oblige plus les entreprises à opter pour un service autonome à partir d'un certain seuil d'effectif. Cependant une majorité d'entreprises s'accordent à croire (à tord peut être) que les services interentreprises ne s'impliquent pas assez dans la politique de santé au travail de leurs salariés et que leurs médecins du travail se positionnent souvent comme des prestataires de services à diverses entreprises de différents secteurs simultanément avec un certain détachement par rapport aux véritables enjeux du bien être et de la qualité de vie au travail y compris à travers des réunions de CHSCT justes routinières ou à la limite protocolaires sans véritable implication des acteurs en santé au travail.

Aussi, la nouvelle option envisagée par un certain nombre d'entreprises serait celle de pouvoir confier la couverture médicale du travail de leurs salariés à plusieurs services de santé au travail extérieurs, tout en veillant à 'en confier la coordination interne à un médecin du travail salarié de  l'entreprise, celui ci tout en ayant une fonction de management de services n'incluant pas la prestation d'actes médicaux au quotidien aura la tâche de superviser toutes les activités touchant de prés ou de loin à la prévention en santé au travail. Ce même médecin du travail coordinateur pourra être à la tête de l'équipe interne du ou des différents services (infirmiers, assistants sociaux ou du service de santé, IPRP ou autres professionnels tels que psychologues) si cette équipe existe selon les choix internes de l'entreprise puisque de toute façon une autre équipe multidisciplinaire dépendante du service interentreprise sera également au service des entreprises conformément à la nouvelle législation.

Avec une nouvelle législation 2012 qui en définitive encourage ouvertement le choix des services interentreprises et l'interdisciplinarité par rapport aux services autonomes, cette nouvelle fonction de Médecin du Travail Coordinateur des Services Médicaux du Travail ne pourra que recueillir de plus en plus d'adeptes auprès d'une certaine frange de grands groupes ou de grosses firmes toujours soucieuses de leur image de marque à l'extérieur et toujours prêtes à "chouchouter" leur personnel de l'intérieur. Encore une opportunité me diront certains de "piller" les meilleurs médecins du travail spécialistes ou du moins ceux ayant déjà plus d'une quinzaine d'années d'expérience à leur actif en plus de ceux qui seront également "pillés" par les nouveaux services interentreprises à compétence fermée à commencer par les établissements bancaires.

Ces Médecins Coordinateurs auront donc pour missions principales outre de veiller au bon déploiement de la politique santé du groupe sur tous les sites et de coordonner l'ensemble des activités de Médecine du Travail à la tête d'une équipe interne comprenant au moins des infirmiers d'entreprise conformément à son effectif :

+ d'élaborer et de suivre le budget relatif aux activités de santé au travail

+ de superviser les activités de suivi médico-professionnel de l'ensemble du personnel, activités assurées par l'équipe pluridisciplinaire du service interentreprises et comprenant les différentes visites médicales prévues par la législation en santé au travail (embauche, périodiques, reprises du travail, changements de poste ou de fonction...).

+ de développer des campagnes de prévention dans le domaine de la santé au travail en coordination avec les équipes pluridisciplinaires extérieures.

+ de collaborer avec le service sécurité pour une optimisation des procédures d'intervention d'urgence.

+ d'assurer le suivi des activités de tiers temps des différents médecins du travail pour faire aboutir les requêtes et objectifs poursuivis

+ de participer aux différentes réunions de CHSCT en fonction des services médicaux.

En Belgique, ce type d'activités de coordination existe déjà; en France je pense que ces médecins pourront bénéficier d'une fonction de Management du Département Santé d'un Groupe n'incluant pas la prestation d'actes médicaux et seront donc classés à la rubrique de Médecins Conseil d'un point de vue légal, faute de pouvoir bénéficier du statut de Médecin du Travail à la tête d'un service autonome ou de Médecin du travail dans le cadre d'une équipe multidisciplinaire en service interentreprise; ces entreprises ayant d'emblée fait le choix de ne pas opter pour un service de type autonome. Par ailleurs ces activités d'encadrement ou à la limite de Coordination devront être au préalable tolérées par leurs confrères des services interentreprises.