stetho  Il faut croire que cela n'arrive pas qu'aux autres, puisqu'aprés 15 années à la tête du Service de Médecine du travail de cette institution financière de 350 salariés, ce Médecin du Travail vacataire (3 h par semaine) Spécialiste en Santé au Travail et avec plus de 20 années d'expérience, ne semble plus avoir la côte au sein de l'entreprise avec un personnel qui bouillonne depuis quelques semaines déjà, parce que officiellement : "le Médecin du Travail ne sert à rien, ne fait rien et surtout ne soigne pas et refuse à ce titre les consultations courantes".

 Pourtant à ce jour, ce professionnel entretenait d'excellentes relations avec les travailleurs notamment avec les délégués syndicaux, aucun conflit non plus avec la Direction; seulement depuis 3 ou 4 ans il avait simplement apporté quelques modifications à ses missions en mettant en application la Législation en Santé au Travail en particulier le Code du Travail qui interdit d'entreprendre de la Médecine Curative sauf en cas d'urgence dûment justifiée. De toute façon les nouveaux Contrats-type des Médecins du Travail interdisent de soigner en Médecine du Travail.

Au final au sein de cette entreprise, supprimer le curatif pour ne faire que du préventif est depuis cette date interprété négativement par les travailleurs pour pouvoir prétendre que ce Médecin du Travail ne servirait plus à rien. Les salariés refusent même de se présenter aux visites médicales périodiques prétextant qu'ils voient tous assez souvent leur Médecin Traitant pour le suivi en Santé et que ce fameux "coup de stétho" ne leur apporte rien de plus. Même les bilans sanguins systématiques offerts par l'entreprise aux salariés sont directement récupérés par ces derniers au laboratoire pour être lus par leur Médecin Traitant, court-circuitant ainsi le Service de Médecine du Travail.

Coté réactions officielles : pas très encourageant non plus; au syndicat c'est l'expectative car ces acteurs connaissent et admettent la réglementation mais en parallèle (et arguant de la règle des avantages acquis) n'osent pas contre-dire les salariés qui les ont élus; du point de vue de la Direction le climat social doit éternellement être maintenu serein et c'est au Médecin du Travail de trouver la solution d'apaisement. Et revoilà donc notre Médecin du Travail comme à son accoutumée dans son infinie neutralité, coincé entre le marteau et l'enclume, tout en gardant à l'esprit qu'une bonne majorité d'autres Médecins du Travail au sein de différentes institutions (à Service Autonome) font de la Médecine Curative quitte à transformer leur Service en cabinet de consultations polyvalentes afin "d'éviter les problèmes" officiellement !

Au final, ce Médecin du Travail a tenu bon et a décidé : la convocation d'une réunion exceptionnelle du CSST par l'intermédiaire de la CCE (Comité d'entreprise) afin de discuter des propositions suivantes :

* Signifier à tous les acteurs l'abandon sans aucune concession de la Médecine Curative par le Médecin du Travail sauf pour les urgences conformément à la législation, et ce d'autant plus qu'il a été expliqué aux salariés qu'aucune compagnie d'assurance maladie ni caisse de sécurité sociale ne couvrirait désormais les soins engagés suite à des prescriptions du Médecin du Travail, celui ci étant interdit de soigner de par la loi.

* Réorganiser les bilans sanguins périodiques de telle sorte qu'ils soient entièrement pilotés par la Médecine du Travail dans un contexte de "vase clos", avec prescriptions et lectures par le Médecin du Travail exclusivement.

* Envisager à court terme en commun accord avec la Direction, le conventionnement d'un second Médecin (Généraliste) qui exercerait exclusivement de la Médecine Curative sous forme de vacations pour le personnel de l'entreprise.