pschiatry  Le confrère est Médecin du Travail en secteur tertiaire depuis quelques années déjà et j'avoue que l'une des  préoccupations majeures au sein de ce secteur au moment de la visite médicale d'embauche est bien la détection précoce des salariés psychotiques en raison de la nature des tâches surtout en secteur de prestations de services : contact avec les prestataires ou les clients, travail de guichet et manipulation de liquidités ou de valeurs, missions de sécurité ou télé-actions sur plate forme etc...

S'il est difficile de passer à coté d'une schizophrénie avérée au moment de l'entretien entre le Médecin du travail et le salarié en raison des hallucinations verbales assez souvent détectables à l'examen médical, il est cependant moins facile d'évoquer un trouble bipolaire bien équilibré ou d'autres psychoses délirantes non classées ou atypiques. Nous l'avions évoqué sur le Blog par un post intitulé : "Maladies Psychiatriques et Aptitude Médicale à l'Embauche en Secteur Tertiaire", le plus important pour nous Médecins du Travail consiste à déceler certaines pathologies ou plutôt l'un de ces 3 facteurs de dangerosité au travail d'une pathologie psychiatrique donnée et méconnue par nos soins : "pathologie associée à une agressivité", "pathologie ou traitement associés à des troubles de la vigilance ou de l'attention", "pathologie associée à une inconscience des risques pris".

Il faut d'abord noter que notre Médecin du Travail s'est bien laissé "berner" ou plutôt "impressionner" par un DRH expérimenté (dans le mauvais sens bien sûr), manipulateur, qui a bien roulé sa bosse dans le domaine et qui aspirait simplement à changer de Médecin du Travail, ce dernier n'étant pas assez "malléable" à son goût. Parce que même si notre Médecin du Travail n'avait pas au pire détecté un trouble dissociatif dés le premier examen médical, il ne pouvait jamais s'agir d'une faute professionnelle et cette accusation à l'encontre du Médecin aurait pu tout naturellement être balayée d'un simple revers de main ! Mais parce qu'il croyait pouvoir être licencié, notre Médecin du Travail avait préféré démissionner de son poste et clore définitivement ce dossier à l'avantage du super DRH qui n'en attendait pas plus.

Dans le contexte de cette anecdote puisque j'ai classé cette affaire comme telle, la découverte de la pathologie psychiatrique dont souffrait le salarié a eu lieu au bout de 3 ou 4 mois suite à un premier arrêt de travail, ce salarié était encore stagiaire en première période d'essai au sein de cette boite et une simple notification administrative de stage non concluant avait été suffisante pour le licencier et mettre fin à son contrat (qui prévoyait cette éventualité) sans recours à une inaptitude médicale, il était donc clair que le motif de la "faute professionnelle grave" avait bien été confectionné sur mesure pour le Médecin du Travail. Au niveau de la rubrique Responsabilité Médicale du Médecin du Travail : dans le civil, il existe certes 2 types de responsabilité : délictueuse avec le salarié et contractuelle avec l'employeur, cette dernière concernerait les dommages résultant de l'inexécution ou la mauvaise exécution des obligations nées du contrat entre les 2 parties Médecin du Travail et employeur ; pour ce cas précis de notre confrère, je ne vois pas en quoi cet employeur aurait pu être victime d'un fait dommageable de la part du Médecin du Travail ni comment ce Médecin aurait mal exécuté ou non exécuté ses obligations médicales puisque la visite médicale d'embauche a eu lieu et avait abouti à l'établissement d'une fiche d'aptitude médicale.