telephone  S. une jeune dame de 26 ans est affectée au poste d'hotesse d'acceuil standardiste depuis son recrutement il y a plus d'une année au sein d'une PME de prés de 100 salariés. Elle présente depuis quelques jours des acouphènes sans plus et ses symptômes semblent disparaître pendant le week end mais sont présents au quotidien chaque soir après avoir quitté son travail selon ses dires. Le Médecin du Travail la reçoit à la demande de l'employeur, celle ci ayant fournie un certificat médical de son Médecin Spécialiste ORL comportant une recommandation pour ne plus utiliser le téléphone de façon continue, et ce malgré un examen ORL strictement normal et l'absence d'antécédants notables de pathologies ORL ou auditives ou de chocs acoustiques antérieurs. Il n'y a pas de troubles de l'audition par ailleurs.

En fait le poste de travail considéré comprend 2 tâches distinctes : l'acceuil des visiteurs et le mini standard pour l'entreprise comme c'est généralement le cas pour les entreprises de petite taille; elle dispose également d'un écran de visualisation relié à un ordinateur permettant la gestion des communications et l'orientations des visiteurs durant 8 heures par jour avec pause déjeuner et mini pause toutes les 2 heures. Lors de son entretien avec le Médecin du travail, cette opératrice espérait obtenir une aptitude avec aménagement de poste pour finalement effectuer que des tâches d'acceuil et ainsi être déchargée du standard.

Des échanges ont eu lieu entre le DRH et le Médecin du travail concernant les spécificités et les possibilités de modifications de ce poste et aboutissaient aux conclusions suivantes : Aucune possibilité d'affecter une seconde personne au poste de standard par manque de personnel et impossibilité de recrutement (donc pas d'aménagement de poste), et aucune possibilité de reclassement professionnel non plus pour cette jeune recrue dont le profil est assez limité, et l'employeur envisagerait même son licenciement en cas d'inaptitude pour en recruter une autre et satisfaire le poste. Toutes ces informations sont alors communiquées à l'intéressée ainsi qu'à son Médecin Traitant par l'intermédiaire du Médecin du Travail afin d'obtenir confirmation de la recommandation dont les conséquences seraient d'abord une aptitude avec aménagement de poste, sinon une aptitude avec reclassement ou enfin une inaptitude avec à la clef un licenciement.

Devant ce type de symptômes "non vérifiables" et des examens ORL normaux (notamment l'audiogramme), un Médecin du travail est généralement confronté à une "impasse" décisionnelle en raison de la subjectivité de la pathologie obligeant à se fier au récit avancé par le salarié et les affirmations de son Médecin Traitant, et ce d'autant plus qu'un deuxième avis ORL serait illusoire et inopportun puisqu'il risquerait d'aboutir aux mêmes conclusions. Faudrait-il réellement lier cette pathologie ORL à une exposition professionnelles aux nombreuses communications téléphoniques reçues quotidiennement, ou s'agit-il finalement d'une pure coïncidence vue la durée d'exposition peu importante à ce "risque" professionnel (un peu plus d'une année) période insuffisante pour affirmer ou évoquer un lien de causalité.

En définitive, cette jeune salariée a finalement bénéficié d'un arrêt maladie par son Médecin Généraliste traitant en raison d'un accès dépressif de courte durée (officiellement conséquence de ses acouphènes répétés), une tentative de reprise du travail au bout d'un mois (après disparition des acouphènes et stabilisation du syndrome dépressif) sans réserves ou restrictions de son ORL et accord du Médecin du Travail s'est parfaitement déroulée et les acouphènes ont complétement disparus avec un traitement symptomatique !!!