Statue_of_the_Tired_Man  J'ai twitté un article d'une revue électronique concernant le Burn-out d'un DRH à tel point que ce salarié en a fait un livre ou il exprime les événements douloureux qu'il a vécu les dernières années de sa vie professionnelle et au cours desquelles il avait du assurer un plan social touchant 15% des salariés de son entreprise à l'origine de sa souffrance et de son épuisement professionnel (Publicité gratuite : "D comme DRH et Dépressif" aux Éditions Tatamis). A travers son livre, ce DRH avoue s'être retrouvé très seul à l'époque et assure qu'aucune personne n'avait pu entendre sa détresse y compris la Médecine du travail et bien sûr surtout pas sa hiérarchie.

Ce livre m'a fait réaliser que j'avais déjà croisé ce genre de situations au cours de ma carrière professionnelle des années auparavant; je me souviens encore de ce gentil DRH des années 90 (parti à la retraite depuis) au sein d'une grande entreprise, c'était le Monsieur vraiment de bonne famille, excellente éducation avec un grand coeur, un grand respect pour la Médecine et les Médecins du travail, non calculateur, très sociable et très proche des travailleurs (de leurs soucis, problèmes sociaux ou familiaux...); bref il avait toutes les qualités pour ne pas être DRH ! Son chef hiérarchique lui était l'exemple typique des grands prédateurs d'un ancien régime autoritaire : aux ordres de sa tutelle, intransigeant, inhumain maniant plus l'outil comptable que la gestion des ressources humaines; cet employeur avait poussé et même acculé notre gentil DRH à entrer en conflit avec les délégués syndicaux et à se mettre sur le dos une grande majorité du personnel de l'entreprise, il voulait l'obliger à licencier tous les salariés ayant des problèmes psychiatriques chroniques (généralement en situation de maladie de longue durée) en s'aidant au besoin de fiches d'inaptitude de la Médecine du travail.

Peut être que ce DRH avait eu la chance d'être obligé de se concerter avec le Médecin du travail concernant ce plan "anti-social" puisque l'employeur voulait associer la Médecine du Travail à cette mauvaise décision, ce qui avait empêché toute solitude du DRH à gérer cette douloureuse étape et devant l'intransigeance du Médecin du Travail à entrer dans ce jeu malsain, il avait trouvé quelque part de bonnes raisons pour retarder ou même surseoir aux instructions. Il n'empêche que malgré le soutien inconditionnel de la Médecine du travail, notre gentil DRH avait du à l'époque se mettre lui aussi en arrêt de travail (officiellement en congé de repos mais réellement pour éviter l'épuisement professionnel). Je me rappelle lui avoir rendu visite à son domicile à titre amical et lui avoir annoncé la meilleure nouvelle pour lui : qu'il avait été démis de ses fonctions pendant son absence. Je n'avais jamais réalisé qu'une telle nouvelle pouvait être aussi bénéfique et même plus efficace que tous les traitements anti-dépresseurs et sédatifs du monde.