infirmier

Le salarié était connu du Service Médical du Travail de l'entreprise, porteur d'une hépatite chronique de type C, il recevait de façon périodique un traitement classique à base d'Interféron depuis quelques années déjà. Les mesures préventives pour ce genre de patients (notamment en matière de soins éventuels ou d'injections médicamenteuses à lui prodiguer) étaient donc bien appliquées à la lettre par le personnel médical et surtout paramédical de ce Service Médical.

Le patient se présente un beau jour muni d'une ordonnance de son Médecin traitant pour une injection médicamenteuse d'un traitement antibiotique par voie intramusculaire. Pour rappel, ces actes thérapeutiques prescrits par des Médecins externes à l'entreprise constituent une activité paramédicale non liée à la Médecine du travail et exigent l'accord de l'infirmier(e) du travail ainsi qu'un consentement de principe de l'employeur pour être effectués; ils sont donc pratiqués sous la propre responsabilité du cadre paramédical.

L'infirmier du travail était déjà informé du statut sérologique du patient, il accepte cependant de lui pratiquer l'injection en adoptant les précautions d'usage "routinières" pour ce professionnel de santé avec 20 ans d'ancienneté dans le domaine. Malheureusement, l'accident va quant même se produire et l'infirmier se fait piquer le doigt avec l'aiguille de la seringue en fin d'injection (en adoptant le classique et malheureux "recapuchonnage" de la seringue), geste toujours dangereux et qui continue à être pratiqué inconsciemment par un bon nombre d'infirmiers avec l'arrière pensée d'une crainte que les aiguilles non protégées ne piquent et contaminent d'autres personnes en particulier celles chargées de la gestion des déchets.

Le Médecin du Travail était présent sur les lieux au moment de cet accident de type AES : la zone cutanée lésée est lavée abondamment à l'eau et au savon puis rincée; elle est ensuite désinfectée avec un dérivé chloré. Une déclaration d'Accident du travail est effectuée de suite et un CMI (Certificat Médical Initial) établi à ce titre par le Médecin du travail. En parallèle, un suivi médical et biologique est immédiatement institué en vue d'une prophylaxie post exposition éventuelle.

Le statut sérologique du patient source ou "contaminateur" étant connu : un risque infectieux important était prévisible pour le VHC par contre une sérologie HBS et HIV datant de plus de 6 mois étaient négatives. A noter aussi que l'infirmier du travail ne portait pas non plus de gants au moment de l'accident; aussi le suivi médical et biologique proposé fut le suivant :

Il n'existe pas de traitement prophylactique vis à vis du risque VHC mais une prise en charge rapide d'une éventuelle infection aigue post exposition pourra éventuellement améliorer l'efficacité du traitement antiviral. Aussi, ont été pratiqués à J0 : un dosage des Transaminases (ALAT) + une recherche de séroconversion par un dosage des Anticorps anti-VHC. Une sérologie VIH ainsi qu'une recherche de l'Antigène HBS lui ont également été pratiqués dés l'accident survenu. Ces examens biologiques s'étant avérés négatifs à J0, il n'a pas été proposé de recherche d'infection aigue par une PCR-VHC mais simplement de continuer la Surveillance à J15, J30, 3 mois et 6 mois.

Le même dosage biologique des Transaminases + une recherche des AC anti-VHC furent donc pratiqués à nouveau à J15, J30, 3mois et enfin à 6 mois, ils étaient tous normaux ou Négatifs éliminant ainsi définitivement tout risque de contamination par le virus de l'hépatite C. Pour clôturer le dossier, un nouveau dosage de l'Ag HBS et une sérologie HIV furent à nouveau pratiqués à 6 mois et ils étaient également négatifs.