A_roport_Nice

Madame Z. est Technicienne de surface au sein d'une société de sous traitance spécialisée en hygiène et services pour les entreprises. Cette société détient bon nombre de ses contrats avec des clients du secteur du transport : Aérogares, gares ferroviaires ou routières etc...notamment.

Cette employée, titulaire de son poste est âgée d'une cinquantaine d'années avec plus de 20 ans de service; elle est actuellement affectée à l'aéroport et sa tâche consiste à veiller à la bonne propreté des sols, vitrages, portails et différents sas de l'aérogare en zone "grand public" c'est à dire coté Départs, Arrivées, Enregistrement et Services aux voyageurs (Banques, Boutiques, Blocs sanitaires et restauration rapide).

Elle consulte en "visite médicale spontanée" sur sa demande, le Médecin du Travail pour des crises de panique récurrentes (au moins une crise par semaine) entrant dans le cadre d'une claustrophobie qu'elle décrit comme ancienne et se manifestant en espace clos par une symptomatologie polymorphe à type de : dyspnée, sensation de boule dans la gorge, palpitations, névralgies thoraciques, sueurs et pouvant aller jusqu'à la perte de connaissance brève. Un avis spécialisé de Psychiatrie est demandé par le Médecin du Travail, celui ci confirme le diagnostic de claustrophobie et émet une recommandation afin qu'elle évite de travailler en espace clos ou confiné. Historiquement : Ce terme "claustrophobie" a été forgé par le Docteur Andrea Verga de Milan, à partir du latin claustra, "fermeture, clôture" et du grec phobos, "la peur".

Concrètement, cette dame demande en fait à être affectée dans le même poste mais coté "sécurisé" de l'aéroport c'est à dire en zone franche ou duty free, salles d'embarquement ou coté tarmac et chargement de bagages. Elle pense que cette zone n'est pas close puisque ouverte sur les pistes de l'aéroport et que cela pourrait minimiser ses symptômes et éviter les crises de panique.

En fait, le problème qui se pose réellement pour ce Médecin du Travail est le suivant : pouvons nous considérer l'intérieur ou le hall d'un aéroport comme un espace clos ? Personnellement, j'ai toujours eu l'impression d'être "coincé" ou piégé qu'une fois avoir traversé les contrôles de police et de douanes et donc une fois en salle d'embarquement; alors qu'en zone grand public ou d'enregistrement, toute personne conserve la latitude de quitter l'aérogare à tout moment et de pouvoir se déplacer à son aise. Je ne pense pas que cette zone ouverte de toute façon également sur l'extérieur (grâce à des dizaines, voire des centaines de sas) puisse être considérée comme un espace clos ou confiné et personnellement j'aurai naturellement refusé l'aménagement de poste pour cette salariée en l'état. Je demeure convaincu que d'autres raisons (peut être pas de santé) conditionneraient très probablement cette demande de changement de son lieu de travail et donc la requête de restriction d'aptitude.