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Ces entreprises de type PME possédent généralement des effectifs moyens de 100 salariés et sont localisées en zones industrielles tout autour du grand Tunis. C'est le chef d'entreprise ou son DRH qui me contactent le plus souvent sur le Blog via la rubrique "contacter l'auteur" et la requête est simple : comment mettre en place leur service de santé au travail et comment entrer en contact avec un Médecin Spécialiste en Santé au Travail pour prendre en charge ce service.

Dans 90% des cas, ces employeurs ne connaissent ni la procédure, ni la législation en Santé Sécurité au travail (sauf le fait qu'elle soit une obligation pour l'entreprise), ni l'existence de services interentreprises de Santé au Travail. Ils ignorent même que la plupart de leurs employés sont exposés à des risques professionnels tels, qu'ils devraient bénéficier d'une Surveillance Médicale Renforcée SMR (ou Spéciale en Tunisie : SMS) de la part du Service de Médecine du travail.

Au sein d'une imprimerie ou d'une marbrerie, les salariés sont exposés au Bruit et déjà seront soumis à une Surveillance Médicale Spéciale ou Renforcée, sans compter l'exposition à la silice chez les tailleurs de pierre ou l'exposition à certains agents chimiques dangereux (amines aromatiques) ou même au plomb chez les conducteurs de machines à imprimer (offset ou typographie, héliographie, flexographie, sérigraphie etc...). Mais d'autres secteurs industriels ou Tertiaires m'ont également contacté toujours pour une mise en place d'une couverture en Santé au travail : une menuiserie, un Centre privé de prestations de Santé ou encore des PME à caractère financier.

Toutes ces entreprises ont bien sûr été orientées par mes soins vers le service Interentreprise de Santé au Travail relevant de leur région (ou Gouvernorat en Tunisie). D'abord étonnés de l'existence de tels centres médicaux interentreprises, ils sont ensuite déçus du fait que leurs employés devraient se déplacer pour les visites médicales vers ces centres, mais très rapidement satisfaits de la procédure dès qu'il leur est expliqué qu'un Service Médical Autonome exige de par la loi la mise en place de locaux réservés à la Médecine du travail (selon des normes et des exigences légales) au sein de leur entreprise.

Nous avons constaté que certains employeurs avertis et conscients de risques professionnels assez importants au sein de leur PME avaient tendance à vouloir se "sécuriser" par une demande plus pressante d'un Médecin du Travail dans un cadre de Service Autonome; pourtant plein de travailleurs soumis à des surveillances médicales renforcées sont ainsi pris en charge par des Services de Santé au Travail Interentreprises (la grande majorité d'ailleurs en France) et les résultats sont plus que probants, aussi nous encourageons vivement l'initiative des Services Interentreprises en Tunisie pour ces PME en espérant qu'un jour, seuls des Services Autonomes agrées seront en place en Tunisie (avec des Médecins vacataires ou à temps plein selon effectif) mais qui obéissant aux critères légaux de fonctionnement aussi bien d'un point de vue organisationnel que d'un point de vue des prestations médicales strictement préventives offertes, sans plus.

Ma petite expérience en Tunisie avec des Services Médicaux de type Autonome en PME a été plus que décevante, je pense qu'il vaut mieux réserver cette option aux très grandes entreprises (plus de 500 ou même 1000 salariés). Les employeurs au sein de ces PME estiment avoir "leur" Médecin et les salariés aussi, la "polyvalence" des activités de ce dernier devient un droit et l'infrastructure n'est jamais de mise ou plutôt ne constitue nullement une préoccupation des DRH ou des services sociaux.

NB : A noter que la Législation Tunisienne autorise la mise en place d'un Service de Médecine du Travail de type autonome sans aucun plancher d'effectif de travailleurs (l'employeur a donc le choix en dessous de 500 entre un Service Autonome ou un Service Interentreprise); le service Autonome devient même une obligation pour les entreprises dont l'effectif dépasse les 500 salariés. En France par contre, le choix ne devient possible qu'à partir de 500 salariés, en deçà c'est le Service Interentreprises qui est obligatoire). A méditer donc par le Législateur Tunisien !