emergency ambulance

10h du matin, le lieu une entreprise privée de prestations de services au public; une cliente la soixantaine demande de façon pressante à aller aux toilettes et l'un des employés de la sécurité au sein de l'entreprise l'accompagne jusqu'à l'entrée des locaux. 5 puis 10 minutes se sont écoulées mais la cliente ne se montre pas et surtout ne répond pas aux appels de l'agent de sécurité posté devant le bloc sanitaire l'obligeant à investir les lieux pour trouver la dame allongée à même le sol, le visage de couleur violacée, couverte de sueurs et présentant de très grandes difficultés respiratoires, Le PCS (Poste de contrôle et de Sécurité) de l'entreprise est prévenu et celui ci alerte immédiatement les secours d'urgence (les pompiers pour ce cas précis) et il faudra attendre l'arrivée d'une ambulance médicalisée avec un Médecin Urgentiste à son bord vue la gravité de la situation décrite. 

Aussi, le premier réflexe (bon ou mauvais, à vous de juger !) de l'employé de sécurité fut de relever la dame couchée sur le sol et de la transporter avec un fauteuil roulant au Service de médecine du Travail (à une dizaine de mètres du bloc sanitaire). Habituellement, il faut en moyenne 10 à 15 minutes aux secours extérieurs pour arriver sur place si la circulation routière est fluide et en dehors des horaires de pointe. Par un heureux hasard, le Médecin du travail se trouvait sur place ce jour là accompagné de l'infirmier du travail (personnel paramédical à temps plein); la dame est déjà obnubilée et ne répond plus aux questions du personnel du Service Médical et le diagnostic d'OAP (Oedème Aigu des Poumons) est très rapidement posé chez cette patiente ayant en fait des antécédents cardiaques mentionnés sur un carnet de santé (pathologie et traitements) découvert dans son sac à main.

Le Médecin du travail juge son pronostic vital engagé à très court terme et même rien que les 10 minutes d'attente des pompiers pourraient lui être très certainement fatales; aussi une procédure exceptionnelle d'urgence est mise en place : voie d'abord veineuse, oxygène et diurétiques par voie directe. La patiente est rapidement soulagée, la dyspnée diminue avec l'arrivée des secours extérieurs dont le Médecin Urgentiste avait été prévenu par le Médecin du travail du début de la procédure de réanimation. La dame est alors pris en charge par les secours une fois stabilisée et transférée en Unité de soins cardiologiques.

Tout est bien qui finit bien vous me diriez ! cette dame a certes été sauvée d'une mort certaine car elle n'aurait pas pu attendre les Pompiers 15 minutes en réalité, mais cette procédure a été menée en dehors de toute logique des protocoles édictés par la législation, par l'entreprise et par le Service de médecine du travail :

* Cette patiente était une cliente de l'entreprise et non une salariée, elle n'avait donc rien à faire au Service Médical d'entreprise d'autant plus qu'elle y avait été transportée par un simple agent de sécurité dans un état assez grave ! Elle devait rester sur place jusqu'à l'arrivée des secours.

* Le Médecin du travail (vacataire de son état) était au Service Médical par pur hasard et il se devait d'intervenir en urgence auprès d'une patiente en état de détresse respiratoire conformément à sa mission de Médecin en usant de tous les moyens mis à sa disposition. Hors ce Service Médical disposait en fait de façon exceptionnelle d'un Kit de Réanimation portable (oxygène, détendeur) jamais utilisé de même qu'un nécessaire de perfusion veineuse également jamais utilisé puisqu'une procédure d'urgence était édictée et approuvée par l'entreprise, son Service de Sécurité et le Médecin du Travail se basant en premier lieu sur l'intervention des secours extérieurs pour toute urgence médicale sérieuse. En effet, il est clair qu'une trousse de secours d'urgence destinée à une entreprise ou à son Service Médical du travail n'inclut en aucune manière (et de façon obligatoire) du matériel de Réanimation, des tubulures pour perfusion ou même des Diurétiques, sauf exceptions sur recommandations du Médecin du travail qui devra en assumer l'utilisation à titre personnel ou sous couvert de protocoles médicaux très stricts et écrits de toute façon. Pour ce cas précis, ce matériel avait été commandé par l'ancien Médecin du Travail (un cardiologue de son état reconverti).

Finalement : le réflexe de l'agent de sécurité contraire aux protocoles (et donc punissable...), était-il bon ou mauvais ? Car théoriquement, il aurait du laisser la patiente sur place et avoir l'autre bon réflexe de vérifier si le Médecin du Travail était par hasard de service ce matin là en attendant l'arrivée des secours ! Sauf que le Médecin du travail n'est pas un Urgentiste en théorie mais Médecin quand même, faudrait-il le solliciter pour n'importe quel état d'urgence au sein de l'entreprise : salariés, clients, agents d'entreprises extérieures etc ? A méditer...