neuro_sciences

La sclérose en plaque (SEP) est une maladie neurodégénérative à évolution complètement imprévisible, avec des hauts et des bas au gré des poussées dont l'espacement n'obeit à aucune logique connue sauf pour certaines formes assez graves de la maladie heureusement peu nombreuses. Ce caractère imprévisible permet d'accroitre le courage des malades qui en sont atteints et contribue à leur faire défier cette pathologie avec beaucoup d'optimisme généralement. En effet, tant que le handicap moteur n'est pas assez important la plupart des salariés atteints de SEP continuent à travailler dans des conditions normales et les aménagements de poste sont recommandés selon l'évolution des symptômes (en particulier la fatigue maître symptôme de cette pathologie bien avant les déficits moteurs au niveau des membres inférieurs qui sont souvent tardifs).

En secteur tertiaire puisque mon expérience professionnelle permet d'en compiler plusieurs cas cliniques, j'ai observé plusieurs cas de SEP chez des salariés des deux sexes (âge moyen entre 42 et 54 ans), leurs arrêts de travail sont assez brefs (7 jours en moyenne) pour des traitements par des bolus de cortisone (annuels ou biannuels) ou plus souvent pour une fatigue excessive les empêchant d'être aussi performants que d'accoutumée. Les visites de reprise du travail assurées par le Médecin du travail ne sont pas systématiques (sauf pour les arrêts de travail dépassant 21 ou 30 jours) et à plusieurs reprises certains Médecins Traitants proposent des recommandations sous forme d'aménagements mais aussi surprenant que celà puisse paraître, ces restrictions ou exemptions ne sont pas acceptées par les salariés malades eux mêmes qui préfèrent garder leur pleine aptitude au poste.

Stress, efforts physiques soutenus, station debout prolongée ou temps de travail allongé sans interruptions sont généralement des facteurs aggravants chez les salariés atteints de maladies neurodégénératives et en particulier de SEP; aussi les restrictions d'aptitude de même que les aménagements de poste prescrits par les Médecins du Travail s'articulent autour de ces facteurs de pénibilité. Nous proposons ainsi des aménagements du temps de travail qui consistent en un allègement du nombre d'heures au poste pouvant aller jusqu'au mi-temps thérapeutique, également du travail avec exemption de travaux pénibles, des postes moins stressants avec des efforts intellectuels réduits et moins d'efforts de concentration pour certains ou un travail de bureau en position assise pour d'autres.

Les changements de poste  en raison de déclarations d'inaptitude à une tâche précise sont rares en milieu tertiaire (sauf certains postes de sécurité, de conduite automobile ou de manipulations de liquidités ou de valeurs en caisse); ils conduisent à des propositions de Reclassement Professionnel chez des salariés atteints de sclérose en plaques sans handicap majeur. Ces mutations de poste sont cependant nécessaires pour d'autres professions ou métiers du secteur industriel ou agricole où le physique l'emporte sur le travail intellectuel aboutissant rapidement à des situations d'asthénie sévère et à des difficultés physiques progressives pour l'accomplissement du travail quotidien.