Colère

Voilà je l'ai enfin créé le cadre adéquat pour que vous puissiez vous défouler à volonté : cet article est fait sur mesure pour vous qui nous détestez afin que vous puissiez y placer vos commentaires "haineux" au bon endroit, vos insultes gratuites sans aucun risque qu'elles soient fondues ou dissoutes sur le site et tout ce que vous avez de lourd sur le coeur envers les médecins du travail mais que vous n'oseriez jamais leur dire en face !

Oui, j'en ai plus que marre de me faire insulter au quotidien et sur mon propre blog par des commentaires "méchants" et parfois "grossiers" distribués ça et là sur plein d'articles du site et sans distinction pour décrédibiliser le blog. S'il est vraiment rare que j'y réponde, les commentaires n'étant pas modérés par le webmaster, il est donc aussi exceptionnel que je les supprime (sauf en cas d'injures, de grossièretés ou si l'on cite nominativement des médecins du travail afin de leur porter tort sans preuves et sans droit de réponse). Toutes les professions comptent de bons et de mauvais éléments, bien sûr il y a des médecins du travail "pas gentils", d'autres "incrédules" ,"lourds à la détente" ,"trop zen" ou même carrément "impartiaux" ,"incompétents"; il faut malheureusement de tout pour faire un monde, faut surtout pas généraliser parce que la plupart des Médecins du Travail sont des salariés conciencieux, des femmes et des hommes "bien"   ! 

Principales rubriques sur lesquelles nous sommes systématiquement "descendus" : le dossier amiante et sa crise qui dure depuis les années 90 (avec ses accusations d'impartialité et d'insuffisances en prévention), le harcèlement en milieu de travail (sous toutes ses formes) , le burn out non reconnu comme maladie professionnelle (comme si c'était de notre faute) et les cas de suicide (comme quoi les RPS seraient détectés trop tardivement), nos pseudo-magouilles ou arrangements avec les employeurs (bien sûr aux dires de nos détracteurs) afin de refuser des aménagements de poste ou faire licencier du personnel ! de toute façon, vous connaissez un salarié qui ne râle pas lorsqu'il reçoit sa convocation pour la Médecine du travail ? une majorité est convaincue que le médecin du travail ne sert absolument à rien, qu'à la limite il ne serait pas un vrai médecin puisqu'il ne prescrit pas d'ordonnances ni d'arrêts de travail et qu'il est juste à la solde de l'employeur pour surveiller les travailleurs, les contrôler éventuellement et rendre compte de leurs faits et gestes; son image est et sera donc toujours dépréciée.

Oui les temps n'ont pas du tout changé : la spécialité est toujours aussi bien dévalorisée, dénigrée et par les autres spécialités et même par certains généralistes (le comble) et donc par les confrères en général, les étudiants en médecine qui la voient comme une voie de garage ou de dégagement en cas de mauvais résultats aidés en cela par la procédure classante nationale et injuste des épreuves de l'internat. Même dans la corporation, nous les médecins du travail de terrain sommes mal vus et mal jugés par certains hospitalo-universitaires de la santé au travail (pas tous heureusement) : essayez donc de faire insérer un papier dans un journal "huppé" de la spécialité et vous verrez le tir de boulets des comités de rédaction pilotés par ces fameux universitaires et pourtant leurs consultations de pathologies professionnelles sont bien alimentées par notre quotidien !

Au final, il reste les employeurs avec lesquels nous ne sommes pas si bien lotis : rien qu'à parcourir le nombre de procès qu'ils nous ont collé sur le dos depuis des années, vous comprendrez leur affection envers nous. Pour ma part, je n'ai exercé que trop peu en services inter-entreprises et j'ai surtout dirigé des services autonomes (temps plein ou temps partiels) : certains employeurs ont porté plainte contre moi (auprès de l'inspection du travail, auprès du ministère du travail ou même curieusement auprès de la chaire de Médecine du Travail de la faculté de Médecine); j'ai été confronté à la résiliation unilatérale de mon contrat de travail à maintes reprises dont un passage réussi aux prud'hommes suite à un contrat dénoncé irrégulièrement, j'ai moi même également démissionné à plusieurs reprises (pour les mêmes raisons de difficultés professionnelles et de conflits avec l'employeur à cause des salariés); j'ai été mis au placard plus d'une dizaine de fois parce que je n'étais pas un bon élève dans la classe des différents DRH, Directions Générales et même de Présidents d'entreprise, mes honoraires et salaires ont été impactés à maintes reprises, mes stages de formation et mes présences aux réunions scientifiques ont également été diabolisés par ces mêmes employeurs. J'ai même eu des médecins inspecteurs du travail "zélés" ou "ignares" sur le dos à me chercher des embrouilles parce qu'ils étaient trop incompétents pour gérer leur quotidien et résister à la pression des syndicats ou du patronat.

Alors ne venez plus me tenir le langage universel du médecin du travail qui malgré son statut d'indépendance demeure un salarié à la solde de l'employeur, nous sommes tous différents et il faut veiller à discerner dans la profession, j'ai perdu à plusieurs reprises mon emploi à mes débuts à cause de cette indépendance, et ce n'est sûrement pas après plus de 25 ans de carrière en santé au travail que j'hésiterais à prendre des risques pour faire rejaillir une vérité, à condamner les "magouilles" d'un employeur trop "entreprenant" ou les ambitions démesurées d'un DRH; nous essayons de faire de notre mieux au service de la santé du travailleur dans le respect de la déontologie, du secret professionnel et en respectant tous les acteurs de l'entreprise. A ce rythme de ces attaques en règle, la pénurie dans la spécialité ne fera que s'exacerber et la profession disparaîtra à moyen ou long terme.

Je ne rappellerai sûrement pas les missions et attributions d'un médecin du travail à l'occasion de ce post au risque de me répéter sur ce blog.

Polémiques, commentaires malveillants, hypocrisie et mauvaises langues seront les bienvenus en fin de cet article !

En attendant, aoûtiste je pars en vacances demain pour quelques jours ! A+