pschiatry1 Organismes financiers (Banques, Assurances, Bourse, Sociétés de Leasing, Intermédiaires...) mais aussi Sociétés de Prestations de Services et Fonction Publique en général, sont généralement assez précautionneux au moment du recrutement pour éviter les salariés psychotiques (bien équilibrés en apparence au moment du recrutement ou de l'entretien d'embauche), et qui n'avouent pas leur pathologie au moment de la visite médicale d'embauche.

Personnellement et en secteur tertiaire, nous avons institué en collaboration avec les DRH une deuxième visite médicale d'aptitude de type périodique (11 mois après la visite médicale d'embauche) et que nous appelons visite médicale de Titularisation, en fait il s'agit "officieusement" d'une seconde visite médicale d'embauche dont les conclusions comportent 2 volets : un volet administratif (avis de la hiérarchie sur le comportement du salarié depuis les 11 premiers mois vis à vis des prestataires, des collègues et de la hiérarchie...); et un volet médical (nouvel entretien et nouvel examen médical).

En réalité pour moi Médecin du Travail, l'essentiel étant de déceler certaines pathologies ou plutôt certains facteurs de dangerosité au travail d'une pathologie psychiatrique donnée et méconnue par mes soins, ces facteurs étant au nombre de 3 : (source : AtoutSanté.com)

- pathologie associée à une agressivité

- pathologie ou traitement associés à des troubles de la vigilance ou de l'attention

- pathologie associée à une inconscience des risques pris.

A noter que cette dangerosité de la maladie psychiatrique se manifeste en général au moment de la crise et non en dehors de celle ci.

Partant de la Classification des Maladies Psychiatriques, l'avis d'aptitude du Médecin du Travail dépendra donc de plusieurs éléments :

- Le Facteur Dangerosité de la Maladie Psychiatrique

- le comportement du salarié malade en dehors des crises et en particulier sur les lieux du travail

- le type de pathologie psychiatrique selon classification D.S.M IV : ainsi, une personne atteinte de trouble bipolaire, bien équilibrée par son traitement, peut très bien rester dans le milieu professionnel en secteur tertiaire, sous réserve d'un suivi régulier et d'une concertation périodique entre le Médecin Traitant et le Médecin du Travail; contrairement à un schizophrène qui lui présente également des accès de délire mais en conserve des séquelles et se trouve dans 90% des cas en proie à des hallucinations verbales parfois incompatibles avec le milieu professionnel. Le schizophrène est très déficitaire en cognition sociale et pose généralement un problème majeur d'Aptitude Médicale au Travail au moment de son recrutement en Secteur Tertiaire.

Quant aux autres pathologies psychiatriques, elles ne devraient pas poser de problèmes épineux d'aptitude au Médecin du Travail si leur suivi thérapeutique est assuré et régulier et surtout si le poste de travail est bien identifié et bien analysé par le Médecin de Prévention. Ainsi, Dépression, Troubles Anxieux (dont TAG), Phobies, Attaques de Panique, TOC, POC et H (conversion hystérique) seront envisagés au cas par cas avec une Note Positive à l'Aptitude en général; à titre d'exemple, il ne serait pas opportun d'affecter un salarié présentant des attaques de panique à un poste de Caissier, d'Agent de Sécurité ou de Transporteur de Fonds en secteur financier !