archives   Le métier d'Archiviste est maintenant accessible grâce à une qualification; plus comme il y a quelques années où il s'agissait d'un personnel de seconde catégorie et ayant des formations variées et polyvalentes. L'activité peut s'exercer au sein d'une entreprise publique ou  privée ou d'une collectivité. Malheureusement, les documents archivés ne le sont pas toujours dans les meilleures conditions et il est assez fréquent que l'archiviste intervienne dans des caves, des sous-sols ou des bâtiments à la limite de la salubrité (poussières, froid, humidité , mauvais éclairage, rongeurs, pigeons...).

En raison de leur qualification, ces agents (en cas de problèmes récurrents de santé) ne bénéficient généralement pas d'aménagements de poste par la Médecine du Travail mais plutôt de Reclassements professionnels à la condition de trouver un répondant au niveau de l'administration pour procéder à ce changement de poste. Parce que proposer sur le long terme des Aménagements de poste ou des restrictions d'aptitude à ce poste est assez embarrassant et pour l'employeur et pour l'archiviste (ex : pas de manutention lourde, pas de travail sur écran, pas d'exposition au froid ou à la poussière, pas de travail en hauteur) en fait des exemptions prolongées assez incompatibles avec la tâche sauf si elles sont ponctuelles ou provisoires.

Aussi, un Reclassement Professionnel s'il est possible doit être vraiment bien indiqué, bien pesé et bien organisé avec approbation de tous les acteurs; et surtout la raison médicale devra être entièrement justifiée. A ce titre, si je soulève aujourd'hui et à travers ce post la problématique de l'Aptitude chez les Archivistes, c'est parce que j'ai reçu il y a quelques temps en visite médicale spontanée un salarié de 48 ans, 12 ans au poste d'archiviste (sur une carrière professionnelle de 20 années au sein d'une PME). Aucune qualification particulière en dehors d'une expérience professionnelle acquise aux archives. Il me présentait une Attestation Médicale émanant d'un Spécialiste en Allergologie et mentionnant une incompatibilité définitive de son poste actuel avec son état de santé et en particulier Respiratoire, sans plus. Je ne dispose bien sûr d'aucun diagnostic communiqué par le confrère, d'aucun Test Allergologique, d'aucune Exploration particulière, mais selon le salarié tous ces tests auraient été effectués pour conclure à un état d'allergie respiratoire à "l'humidité et la poussière" !

Mon Examen Médical était Normal au jour de sa visite et n'étant point convaincu par son Attestation Médicale "à caractère purement administratif" je dirige le salarié vers un Centre Spécialisé Public pour une exploration complète respiratoire s'agissant ici d'une décision de Reclassement Professionnel assez délicate à gérer. Quelques jours plus tard, le salarié revient vers moi avec ses résultats : pas de problèmes respiratoires particuliers en dehors d'un résultat allergologique douteux pour certains antigènes non spécifiques et sans relation avec son activité professionnelle. Je commence à lui présenter mes conclusions quand il m'avoue qu'en fait "il en avait simplement marre" du poste d'archiviste, et "12 ans aux archives, c'était largement suffisant" et "place aux jeunes !" et blablabla...

Sur un plan somatique, je pouvais déclarer ce salarié Apte à son poste sans aucune Restriction et ainsi réfuter toute demande de Reclassement Professionnel ou d'Aménagement de poste quelconque; mais sur un plan psychique se poserait alors la problématique RPS à ce poste : chapitre des contraintes organisationnelles et relationnelles en rapport avec les exigences du travail (travail solitaire, tâches répétitives et parfois ingrates dans un contexte souvent hostile, vigilance, manutention et contraintes posturales, mauvais éclairage et travail sur écran) à l'origine de stress et d'états dépressifs notoires.

Je décide finalement de ne pas clore ce dossier et d'aller faire un tour du coté des raisons éventuelles de ce rejet actuel de son poste de travail ; j'entame une petite enquête interne de service en appelant d'abord le Responsable des Archives puis le Département concerné juste après le départ du salarié de mon bureau : Affaire à suivre donc !