athlete  Si les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail et réparées par le Tableau n°57 des Maladies Professionnelles (Régime  Général en France) ou le Tableau n°82 des Maladies Professionnelles (en Tunisie) touchent aussi bien les membres supérieurs que les membres inférieurs chez les travailleurs, il est incontestable qu'au vu de la pratique quotidienne et des statistiques de maladies professionnelles enregistrées ici et là les TMS (Troubles musculo-squelettiques) du membre supérieur et en particulier : le syndrome du canal carpien et les autres tendinopathies du poignet et de la main, les tendinites de l'épaule puis celles du coude apparaissent respectivement et dans l'ordre énuméré comme les plus fréquentes.

En France comme en Tunisie, les TMS sont la première cause de maladies professionnelles. Elles représentent selon les dernières statistiques officielles du Ministère du Travail Français prés de 85% de la totalité des maladies professionnelles. Ces affections périarticulaires sont dominées par le syndrome du canal carpien et les douleurs de l'épaule qui provoquent à eux seuls 91% de tous les TMS reconnus par les tableaux (avec ou sans arrêt de travail). Cela ne nous empêche pas de rencontrer au gré de certains secteurs professionnels particuliers des TMS des membres inférieurs déclarés et même reconnus en tant que maladie professionnelles : les statistiques de la CARSAT du Nord-est présentent des chiffres pour 2011 qui répartissent les TMS indemnisés (tableau n°57) selon le siège des lésions comme suit : Membres Supérieurs (Épaule 35,5% ; Poignet Main 35,3% ; Coude 18,8%), Membres inférieurs (Genou 1,6% ; Cheville Pied 0,1%) soit nettement moins de 2%.

En somme, les TMS des membres inférieurs sont une réalité mais ils demeurent rares et difficiles à indemniser du fait de la difficulté à monter des dossiers solides et conformes au tableau n°57 (régime général); et mon exemple je l'ai trouvé en navigant sur internet au gré des blogs et des forums en santé et sécurité au travail : en fait je suis tombé sur un agent d'entretien dans un collège qui présentait une tendinite achiléenne bilatérale et dont le dossier ne semblait pas avoir été accepté en tant que maladie professionnelle (tableau n°57 des affections périarticulaires) par le Médecin Conseil de la Caisse. En relisant son appel à témoignages, ce travailleur prétendait "gratter les traits noirs laissés sur le sol du collège avec les 2 pieds" ! ce qui lui aurait occasionné ces 2 tendinopathies. Certes, me référant au tableau n°57 la tendinite achiléenne existerait bel et bien mais malheureusement la liste des travaux susceptibles de provoquer cette maladie est vraiment très limitative pour ce tableau, elle indique : "Travaux comportant de manière habituelle des efforts pratiqués en station prolongée sur la pointe des pieds" ce qui pourrait exclure automatiquement notre agent de nettoyage malgré un avis favorable de la Médecine du Travail qui aurait vraisemblablement procédé à une étude du poste de travail. En définitive, il faut bien admettre qu'un appui prolongé sur la pointe des pieds se rencontre bien plus fréquemment chez les travailleurs du BTP ou chez quelques danseurs professionnels.