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Alerte Info ou Infos dernière Minute : " La scène, surréaliste, s'est produite vers 9 heures. Des clients du bar Le Savoy sur l'avenue Maréchal Lyautey ont vu un homme armé et cagoulé se diriger à pieds vers le quarter Pasteur. L'homme venait de braquer la petite agence de la Banque X. Il a même semé une liasse de billets derrière lui, ont raconté les témoins. L'alerte a vite été donnée par téléphone au PC radio et un équipage de patrouilleurs du commissariat de l'Ariane a pû rapidement interpeller le malfaiteur. Son arme et le butin dont le montant n'est pas connu ont été retrouvés. Ce nicois de 43 ans est très connu de la justice".

Pourtant présentés simplement et au quotidien par les médias comme des faits divers; ces scènes demeurent cependant réellement très mal vécus par les victimes, et ces évènements traumatiques survenant sur les lieux du travail constituent une source inépuisable de stress post-traumatique formé d'un ensemble de séquelles psychologiques pénibles, invalidantes et persistantes aussi bien chez les victimes que chez les simples témoins. Il est donc impératif pour l'employeur de prévoir la mise en place d'une procédure de prise en charge des salariés victimes d'agression ou de braquage afin d'empêcher ou du moins de limiter les conséquences de ces traumatismes psychologiques.

Cette procédure établit en accord avec le Médecin du travail et le CHSCT (qui seront bien sûr informés le jour même) comprend la déclaration de l'évènement comme accident du travail, une enquête interne de prévention pour délimiter les circonstances de survenue de cette agression avec une réévaluation des mesures de sécurité déjà existantes et surtout une cellule d'accueil, de prise en charge et de soutien psychologique (encore appelée groupe de parole ou debriefing) destinée aux salariés victimes afin de limiter les conséquences de ce traumatisme. Lorsqu'il a été formé à ce type de situations, le Médecin du travail assure lui même ce débriefing après l'agression; le cas contraire, il fait appel à des professionnels expérimentées chargés d'apporter leur soutien et d'écouter les victimes (Médecins Spécialistes, Psychologues...) et ne rencontre alors le salarié qu'en fonction de la durée de l'arrêt de travail à l'occasion des visites de pré reprise ou de reprise du travail.

S'il est réalisé par le Médecin du travail, ce débriefing doit avoir lieu au maximum 3 jours après l'agression, en tout cas jamais le jour même. Il est proposé à titre collectif pour tous les témoins de l'agression ainsi que pour tous ceux qui exprimeraient le besoin de parler de l'évènement (cette étape permet de verbaliser l'expérience vécue de l'évènement sur le plan émotionnel et cognitif) ; puis proposé à titre individuel sous forme d'un entretien avec chaque personne concernée par l'agression afin de personnaliser les conseils et de recommander un suivi psychologique complémentaire pour les salariés dont l'état le nécessite, le but étant de repérer les sujets fragilisés nécessitant ce suivi spécialisé. Les salariés absents car déjà en arrêt de travail par leur Médecin traitant peuvent être contactés afin d'être conviés à participer au débriefing.

Un suivi des victimes est ensuite mis en place grâce à une surveillance médicale assurée par le Médecin du travail par le biais d'entretiens personnalisés et qui auront lieu entre 15 jours et 1 mois après l'agression dans un premier temps; puis au bout de 6 mois à 1 an dans un second temps. Ces examens donnent lieu à un avis d'Aptitude si le salarié devait reprendre, a déjà repris son poste de travail ou n'a jamais été en arrêt de travail suite à l'évènement traumatique : une aptitude avec restrictions ou aménagement de poste pourra lui être proposé selon son état de santé. Le but de ces surveillances étant de détecter des états de souffrance à type d'états de stress aigu (jusqu'à 1 mois après l'évènement) ou d'états de stress post-traumatique (ESPT) au delà d'un mois : syndrome de répétition (souvenirs répétés et envahissants de l'évènement, flash-backs et cauchemars...), phénomènes d'évitement ou d'hypervigilence, signes anxio-dépressifs avec troubles neuro-végétatifs afin de pouvoir orienter à temps la victime vers une consultation spécialisée vue la perturbation induite de la vie sociale et/ou professionnelle.

Plusieurs victimes d'agressions, d'évènements traumatiques ou de violences graves ont beaucoup de mal à reprendre leur travail jusqu'à refuser carrément cette reprise au sein du même poste ou même au sein de la même entreprise. Malgré les aménagements de poste et les exemptions proposées par le Médecin du travail beaucoup d'inaptitudes temporaires ou parfois même définitives sont prononcées à la demande des salariés victimes d'agression ou sur proposition de leurs Médecins traitants.