bureau en désordre

Je viens de parcourir un article ou il est mentionné qu'un bureau désordonné et encombré pourrait rendre certains salariés plus productifs, en effet selon une étude de l'Université Néerlandaise de Groningen le désordre aurait aussi certains bénéfices lui aussi en incitant les gens à être plus concentrés sur leurs objectifs ! Je veux bien admettre que certaines personnes ne retrouvent leur bien être à la tâche que dans le cadre d'un certain désordre qui leur sied; mais je pense en revanche que traverser un local de bureau jonché de fils électriques, de cordons de connexions diverses (téléphone, ordinateurs, périphériques), de boites d'archives, de parapheurs ou de restes de plateau repas ou du café du matin et j'en passe, deviendrait un véritable parcours du combattant en particulier si le salarié n'était pas enclin à maîtriser des réflexes dignes d'un cascadeur.

La loi des séries m'en a imposé par l'observation de 3 accidents du travail de type traumatologique à quelques jours d'intervalle au sein d'une même entreprise du secteur tertiaire spécialisée en informatique dans le sud et ayant tous pour origine une même cause : un encombrement du local de travail, et dans les trois cas la raison de la chute consistait à trébucher sur des cordons ou des fils de connexions qui traînaient sur le sol. Ces 3 accidents du travail étaient à l'origine de 3 pathologies assez graves ayant nécessité des hospitalisations, des interventions chirurgicales et des arrêts de travail souvent prolongés jusqu'à trois mois, il s'agissait de : Une rupture totale d'un tendon d'achille du pied pour l'un; une fracture de la tête humérale de l'épaule pour l'autre et une fracture déplacée de malléole au niveau de la cheville pour le troisième.

Concernant ces accidents du travail, toutes les réparations ont été chirurgicales : un rétablissement de continuité chirurgical du tendon d'achille suivi d'une immobilisation et de nombreuses séances de rééducation et des ostéosynthèses chirurgicales par plaque vissée aussi bien pour la tête humérale de l'épaule que pour la fracture déplacée de la cheville également suivies de séances de rééducation. Si les mécanismes physiopathologiques de l'accident paraissent évidents pour la fracture de l'épaule suite à la chute du salarié directement sur son épaule après avoir trébuché concernant le premier ainsi que pour la fracture déplacée d'une malléole suite à une torsion forcée de la cheville au moment ou le salarié a trébuché concernant le second; l'enquête effectuée par le Médecin du travail concernant la rupture du tendon d'achille du troisième salarié a conclu à l'utilisation abusive d'un réflexe d'équilibre par ce dernier pour tenter d'éviter la chute ayant conduit à un mouvement d'hyperpronation du pied à l'origine de la rupture de ce tendon.

La communication et l'information en entreprise en matière d'ergonomie des postes de travail et en particulier concernant l'agencement du local de travail et du bureau du salarié de la part du Médecin du travail demeure une démarche importante et obligatoire pour éviter toute survenue de problèmes musculosquelettiques et améliorer les conditions de travail au bureau et afin d'alerter l'utilisateur sur des risques potentiels d'accidents du travail. Le désordre et l'encombrement pourraient être à coup sûr une source idéale de risque d'accidents du travail même si l'on dit qu'il n'existe pas d'espace de travail idéal et que chaque personne doit adapter son espace de travail à ses particularités. Alors de grâce, laissons le salarié aménager son bureau comme il le pense afin de s'y sentir bien; mais en lui conseillant de ne pas laisser traîner des fils, cordons ou autres obstacles divers sur le sol.