Transpalette

Léa est un agent de contrôle qualité dans l'industrie, elle effectue diverses opérations de contrôle et est garante de la conformité du produit fini dans la limite de son champ de compétences. Elle examine ainsi et au quotidien des lots de boites (selon un tri statistique convenu) qu'elle récupère sur des palettes de produits au magasin. A cause de contraintes de qualité et de sécurité d'entreprise, c'est à elle de récupérer ces grosses boites en carton (contenant le produit à vérifier) placées sur des palettes en magasin et de les acheminer par transpalette au niveau d'un local approprié et réservé au service qualité dont elle relève.

Ainsi, sans être manutentionnaire elle est donc amenée à manipuler des engins de manutention manuels que sont les transpalettes. Ces derniers sont des chariots à petite levée conçus pour être poussés, tirés et dirigés manuellement sans aucune motorisation ni en élévation ni en translation. Ils sont généralement munis de bras de fourches adaptés pour transporter des charges sur de courtes distances et l'élévation est obtenue grâce à un groupe hydraulique actionné par le timon.

Les consignes dans l'entreprise sont de tirer le transpalette et non de pousser, aussi est-il difficile de ne pas mettre à contribution la musculature du dos pour tirer et surtout d'éviter la rotation du dos par cette salariée lors de toute manoeuvre avec le transpalette notamment au démarrage afin d'atteindre l'aire de stationnement devant son local de travail. Elle est victime de lésions musculo-squelettiques suite à des efforts considérables ou peut être inadaptés sur une palette de 300 kg, sous forme de douleurs lombaires aiguës l'ayant obligée à arrêter son travail et à déclarer un accident du travail heureusement sans gravité mais ayant attiré l'attention du chargé de sécurité qui lui même en informa le médecin du travail pour réétudier le poste de travail de cette agent de contrôle qualité.

D'un point de vue physiologique, afin de déplacer des palettes avec des transpalettes manuels, les risques de blessures musculo-squelettiques augmentent certes proportionnellement avec le poids de la charge, et ces lésions peuvent intéresser aussi bien la région lombaire que les deltoïdes (épaules) ou les trapèzes (muscles dorsaux) également sollicités. Nous reférant à la norme française NF X35-109 celle ci recommande pour les actions de pousser et tirer une charge de 200 kg comme valeur maximale acceptable (pour des activités de manutention qui tendent à protéger le plus grand nombre d'opérateurs) et un poids de 400 kg comme valeur maximale sous conditions (pour des activités à risque nécessitant des moyens de prévention et une analyse approfondie); en parallèle, la recommandation de la CNAMTS R367 concernant les moyens de manutention à poussée ou à traction manuelle (transpalettes et chariots à bras) indique une charge maximum de 600 kg sur le transpalette pour les hommes et une charge maximum de 360 kg sur le transpalette pour les femmes. 

Notre salariée agée de 28 ans avait tiré une palette dont la charge était de 300 kg , le sol était lisse, non glissant, plat sans obstacles ni irrégularités et sans pente. Ce poids est jugé acceptable au vu des normes et recommandations précédentes (soit moins que 360 kg); peut être fallait-il pousser au lieu de tirer (contrairement aux recommandations de son employeur) d'autant plus que la distance à parcourir n'était pas assez importante, en effet lorsque l'on pousse les muscles abdominaux contribuent à l'effort et il est plus facile d'utiliser le poids du corps (en gardant le dos bien aligné) et en utilisant bien sûr les deux mains mais la consigne de "pousser" n'est pas la régle bien que plus pratique physiologiquement d'autant plus que la charge est lourde. Même la fiche pratique de l'INRS (ED35) recommande de tirer le transpalette par la poignet du timon en se positionnant dans le sens de la marche légérement décalé sur le côté. Alors, pousser ou tirer finalement ?

Il vaut mieux tirer lorsqu'il s'agit de longues distances ou s'il y a des virages brusques à effectuer (plus de facilités à diriger le chariot). Pour le reste des situations il vaut mieux pousser notamment pour des petites distances ou lors de la mise en mouvement de la charge, pour charger un camion par exemple.

L'étude du poste de Léa relevait également que celle ci agent de contrôle qualité de son état n'avait reçu aucune formation au maniement des engins de manutention dont les transpalettes manuels. Bien que s'agissant de chariots à bras non motorisés (dépourvus de l'obligation d'une autorisation de conduite délivrée par l'employeur après examen), son accident était pourtant du à une mauvaise posture et donc à une absence de formation élémentaire au positionnement lors de la manipulation des transpalettes.