tof3  Cette entreprise de plus de 1500 salariés du tertiaire avait été dotée depuis la mise en place de ses nouveaux locaux d'un service médical d'entreprise adéquat. Tout avait été prévu conformément à la loi de telle sorte que l'on pouvait parler à proprement dit de "Service Médical d'entreprise" : 2 cabinets médicaux complets (pour 2 Médecins du Travail), une grande salle de soins (infirmerie), une salle d'attente, des locaux de déshabillage, des sas, des sanitaires, un coin lavabo avec table de travail, une salle pour les examens complémentaires (ECG, Visiotest), un local administratif (informatique, secrétariat) et surtout la nouveauté une salle de repos comportant pas 1 mais 3 lits de type hospitaliers (réglables, potences, roulettes, etc...).

Installé au rez de chaussée de l'entreprise, accessible aux handicapés, aux brancards et situé à proximité d'un ascenseur pouvant contenir un brancard et même un lit hospitalier en entier et desservant directement le parc auto ou se situe l'ambulance d'entreprise, ce Service Médical d'entreprise était non seulement conforme à toutes les réglementations (Française et Tunisienne) mais offrait même le plus de "l'hôpital de jour" si besoin !

Justement, et à bien chercher dans la réglementation, sachez que la législation Tunisienne par son Arrêté du 27 octobre 2003 portant fixation des conditions requises dans les locaux et équipements des services de médecine du travail ne prévoit pas de salle de repos au sein du Service Médical d'entreprise même avec un effectif dépassant les 2000 salariés et même avec un ou des Médecins à temps plein. La législation Française par contre en a parlé au niveau de l'aricle 4 de l'arrêté du 12 janvier 1984 relatif aux locaux et à l'équipement des services médicaux du travail en énonçant que : une salle de repos dans laquelle puisse être isolé un blessé ou un malade allongé, doit être prévue dans les établissements de 1000 salariés et plus.

 En fait si je soulève ce jour le problème de la salle de repos, c'est parce que j'ai constaté qu'au sein de certains services médicaux qui en sont dotés dont le "super" service cité en référence plus haut, ces lits ne sont plus utilisés comme prévu par la loi pour faire patienter un blessé ou un malade avant évacuation mais plutôt comme une salle de repos ou de sieste pour des "patients" qui généralement s'autoproclament "fatigués" ou "convalescents" ou même "malades" et pour lesquels l'infirmier du service ne peut leur refuser le "droit" à des prestations que je qualifierai "d'hôtellerie". Dans ce cas le risque devient double : Soit il ne s'agit pas de vrais problèmes de santé et que le salarié souhaite simplement "piquer" une sieste avec la bénédiction de la Médecine du Travail (et parfois même demander à être raccompagné parce qu'il ne sent pas bien après son roupillon !), soit qu'il s'agit de vrais malades qui banalisent leur pathologie et qui risquent de se compliquer au service médical sans la mise en route de mesures thérapeutiques urgentes engageant ainsi la responsabilité de tout le personnel du service et même de l'entreprise (et ce fut le cas par exemple d'un diabétique qui faisait une menace d'infarctus du myocarde à bas bruit comme c'est généralement le cas et qui pensait se reposer parce qu'il était fatigué, et évacué in extremis suite à l'arrivée du Médecin du Travail !).

Je pense que si vous disposez d'une salle de repos au sein de votre service de médecine du travail, il faudrait d'abord diminuer le nombre de lits (même si vous avez affaire à plus de 2000 salariés), un seul lit est largement suffisant vue la fréquence des urgences obligeant à une attente des secours extérieurs. Un lit unique obligera les salariés à ne plus revendiquer son utilisation puisqu'il devra être réservé aux urgences, par ailleurs en l'absence d'un Médecin du Travail sur les lieux pour examiner une éventuelle "urgence", tout salarié présentant un problème de santé l'empéchant de continuer son travail devra soit être évacué soit être dirigé vers son médecin traitant. Des consignes fermes du Médecin du Travail doivent être imposées au personnel paramédical de l'entreprise pour refuser catégoriquement toute requête de repos au service et toute urgence sera évaluée par l'infirmier (en l'absence du Médecin) pour être traitée à très court terme conformément à la procédure d'urgence en vigueur au sein du service médical d'entreprise.