stress

Reprise du travail après un arrêt maladie prolongé suite à : un AIT (accident ischémique transitoire), une poussée de SEP (sclérose en plaque) ou de Polynévrite, une rechute psychiatrique; et maintenant des complications cardio-vasculaires d'une HTA (hypertension artérielle) ou de toute autre cardiopathie ou des complications métaboliques d'un diabète puisqu'il devient admis de parler aujourd'hui de risque de décompensation de ces différentes pathologies par le stress, qu'il soit d'origine professionnelle, personnelle, familiale ou sociale; un grand nombre de confrères partant du principe que le stress puisse être reconnu comme "facteur de risque professionnel" demandent, exigent ou émettent des recommandations allant dans le sens d'un "dosage" de ce facteur stress pour demander à le diminuer ou même jusqu'à l'annuler en milieu de travail !

Vue de l'extérieur et dans un champs purement "cartésien", une telle logique ne peut que bien tenir la route : le stress peut être un facteur de risque professionnel, il faut donc en réduire l'exposition et parfois même en interdire l'exposition pour certains salariés en état de souffrance ou porteur d'une pathologie bien déterminée. Je rencontre par conséquent et au quotidien des recommandations émanant de confrères (en ville ou de l'hôpital) portant des prescriptions du type : "indication d'un poste loin du stress" ou "activités non stressantes" ou encore "pas d'exposition au stress" etc...J'ai même observé des Médecins du travail (trop pressés ou peut être mal lunés...) reprendre cette même terminologie pour l'insérer au sein d'une fiche d'aptitude médicale au travail afin de restreindre un aménagement de poste, et cela donne : "Apte avec aménagement de poste pendant 3 mois : Restriction ou Exemption d'exposition au stress" Alors imaginez un peu la tête de "mes amis" les DRH devant une telle fiche d'aptitude ! où commence le stress et où finit-il devant un poste de travail déterminé ? Existe t -il des postes de travail non générateurs de stress ? quels sont les limites de cette "prescriptions" ? qui est habilité à en fixer les limites ?

Il est clair que la pratique quotidienne du Médecin du travail et son vécu des difficultés réelles du terrain au sein de l'entreprise lui décernent l'atout majeur de mieux discerner entre la pratique et la théorie, entre la logique de pouvoir obtenir un résultat probant pour le bien du travailleur et l'option de se réfugier ou de se "couvrir" d'une certaine terminologie dont le sort serait "à classer sans suite" par l'employeur car non interprétable sur le terrain. Ainsi, au lieu d'exempter le stress il vaut mieux exempter, restreindre ou exclure le ou les facteurs professionnels générateurs de ce stress : s'il s'agit par exemple d'un guichetier ayant présenté une poussée de SEP et dont la reprise du travail serait conditionnée par une diminution de stress afin de mener à bien sa convalescence, l'indication plus judicieuse d'aptitude à la reprise serait plutôt "apte avec Restriction ou Exemption du travail en front desk" pendant une durée déterminée, afin de lui éviter le contact avec la clientèle et les risques de conflit ou de tension nerveuse avec le public, il serait alors provisoirement affecté en "back office".